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Les ressources pour comprendre et se méfier de la publication scientifique prédatrice (Predatory Publishing)

La publication scientifique prédatrice (Predatory Publishing) est une pratique dans la publication scientifique via des revues scientifiques ou des conférences qui vont faire payer les auteurs des papiers scientifiques sans aucune évaluation ou vérification du papier. Le Predatory Publishing surfe largement sur le concept de l'Open Access. Une publication en Open Access donne un accès complet au papier au public et aux chercheurs. Mais l'évaluation par les pairs, l'une des composantes essentielles de la vérification scientifique, coute cher. De ce fait, l'Open Access va demander de l'argent aux auteurs pour payer cette évaluation.

Comprendre la publication scientifique en Open Access

Pour nous, l'Open Access doit être l'avenir de la publication scientifique. Les modèles verrouillés et aux prix exorbitants qui sont proposés par des éditeurs comme Elsevier ou Springer considèrent la connaissance scientifique comme un produit de luxe avec une lecture d'un papier scientifique qui coute en moyenne 30 dollars. Certes, on peut toujours se procurer les papiers en contactant les auteurs ou en passant par des services légaux, mais ce sont des formalités inutiles et complexes alors que l'Open Access résout la plupart de ces problèmes. De 2011 à 2014, on estime que 50 % des papiers scientifiques ont été proposés en Open Access et de gros éditeurs comme Elsevier ou Springer ont également pris le train en marche en proposant leur propre modèle. Et les couts pour publier en Open Access peuvent varier selon les types de revue. Par exemple, un papier dans PLoS ONE coute 1 350 dollars, 2 900 dollars pour PLoS Medecine et 75 dollars par page pour PNAS. Mais les prix peuvent grimper. Ainsi, Nature Communication vous demandera 4 800 dollars tandis que l'un des plus chers est Neuron avec 5 000 dollars.1)

L'exploitation du Predatory Publishing par l'Open Access

Comme dans toutes les initiatives intéressantes, l'Open Access rencontre plusieurs travers sur le chemin du succès. Le Predatory Publising est le plus redoutable, car des personnes et des entités malintentionnées se sont rendu compte qu'il y avait du fric à faire. Un éditeur prédateur va imiter l'Open Access, mais il n'y a aucune évaluation par les pairs dans le processus. Vous pouvez être le premier péquenot venu, vous créez un papier qui ressemble vaguement à de la science et vous serez publié du moment que vous payez le prix qui peut aller de 200 à 1 000 dollars.

Pour l'éditeur prédateur, c'est tout bénef puisqu'il doit juste publier le PDF que vous avez créé sur son site. On pourrait croire que le Predatory Publishing est minoritaire, mais ces groupes prédateurs sont devenus de plus en plus puissants et riches au fil du temps. L'un des meilleurs exemples est OMICS International, un Predatory Publisher basé en Inde, qui a réussi à mettre la main sur 2 revues médicales réputées au Canada.2) Au fil des mois, des groupes comme OMICS rachètent des revues scientifiques légitimes afin d'y injecter leurs papiers pourris pour avoir une légitimité supplémentaire.

Cette tendance nous inquiète énormément, car le Predatory Publishing continue de s'étendre alors que le public et la plupart des médias ne savent pas que ce phénomène existe. La publication scientifique est déjà critiquée de toute part pour différents motifs et donc, il faut combattre le Predatory Publishing de toutes nos forces pour éviter d'ajouter du discrédit à la publication scientifique. Notons qu'il faut toujours distinguer la publication scientifique, qui est de plus en plus motivée par des objectifs économiques plutôt que pour produire des connaissances testables et vérifiables, avec la pratique de la science. Enfin, même des scientifiques estiment que le Predatory Publishing n'est pas un vrai problème puisqu'on distinguera toujours le faux et le vrai sur le long terme. Mais est-ce que ces scientifiques sont prêts à assumer les conséquences des fausses études scientifiques qui risquent de se déverser sur le public si on laisse faire les Predatory Publishers ?

La liste des Predatory Publishers de Jeffrey Beal

Jeffrey Beal est un bibliothécaire de l'université du Colorado. Depuis des années, il maintenait ce qu'on connait comme la Liste de Beal qui recense tous les groupes d'éditeurs prédateurs, les revues prédatrices et les revues qui se font passer pour des titres légitimes. Quand on regarde l'augmentation des revues et des groupes du Predatory Publishing depuis 2011, les chiffres sont effarants :

Les groupes d'éditeurs prédateurs

2011 - 18 Predatory Publishers
2012 - 23 Predatory Publishers
2013 - 225 Predatory Publishers
2014 - 477 Predatory Publishers
2015 - 693 Predatory Publishers
2016 - 923 Predatory Publishers
2017 - 1155 Predatory Publishers

Les revues prédatrices

2013 - 126 Revues prédatrices
2014 - 303 Revues prédatrices
2015 - 507 Revues prédatrices
2016 - 882 Revues prédatrices
2017 - 1294 Revues prédatrices

Les entreprises de publication scientifique qui falsifient leurs chiffres

Par falsification, on parle des entreprises qui modifient artificiellement leur facteur d'impact qui est l'une des références pour déterminer la qualité d'une revue.

2015 - 26 entreprises de publication scientifique
2016 - 38 entreprises de publication scientifique
2017 - 59 entreprises de publication scientifique

Les revues qui usurpent des titres légitimes

En plus des revues scientifiques de basse qualité, on a également des revues qui imitent le nom, le logo et la charte graphique des revues scientifiques légitimes.

2015 - 30 revues usurpatrices
2016 - 101 revues usurpatrices
2017 - 115 revues usurpatrices

La disparition soudaine et mystérieuse de la liste de Beal

Avec la liste de Beal, les jeunes chercheurs et ceux qui voulaient vérifier l'intégrité d'une revue ou d'un groupe de publication avaient un point de référence pour trier les bonnes revues et les revues pourries. Malheureusement en janvier 2017, Jeffrey Beal a supprimé soudainement toutes les listes qu'il avait construites pendant toutes ces années en ne donnant aucune raison valable. Mais une chercheuse a suggéré que Beal a été contraint de supprimer sa liste à cause de pressions politiques et provenant de certains groupes de publication3) . Notons que tout n'est pas perdu, car Beal est devenu le consultant pour une firme appelée Cabell's International qui va proposer sa propre liste noire dans les prochains mois, mais pour le moment, cette liste n'est pas encore disponible et on se demande si elle verra le jour.

Évidemment, on peut toujours retrouver des contenus qui sont effacés d'internet. Et pour toutes les raisons concernant le Predatory Publishing, nous republions les différentes listes de Beal ci-dessous. Il y en a 4. Les groupes d'éditeurs prédateurs, les revues prédatrices, les entreprises qui falsifient leurs chiffres et les revues usurpatrices. Ces listes vont pertinentes à la date de leur dernière compilation, soit le 31 décembre 2016.


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predatory-publishing/accueil.txt · Dernière modification: 2017/03/15 10:06 par houssenmoshine